- Affichages : 134
Projet de Développement de la Résilience et de Réduction de la Malnutrition : Un levier d’espoir pour des communautés à Ouahigouya
Le soleil se lève doucement sur les villages de Soumiaga et de Tougzagué, dans la commune de Ouahigouya. Au loin, des bassins d’eau miroitent sous ses rayons matinaux. Ces étendues tranquilles ne sont pas de simples points d’eau. Elles sont devenues les symboles vivants d’une transformation silencieuse mais profonde. Ici, chaque poisson élevé est une promesse. Chaque geste posé est un pas vers l’autonomie et la dignité retrouvée.

Jeanne Ouédraogo, mère de famille, se penche avec attention sur les bassins de pisciculture. Il y a encore quelques mois, elle dépendait entièrement des aides pour subvenir aux besoins de ses enfants. Aujourd’hui, grâce aux formations et aux dotations en alevins et aliments accordées par l’Association Formation Développement Ruralité (AFDR) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM), dans le cadre du Projet de Développement de la Résilience et de Réduction de la Malnutrition, elle maîtrise les techniques d’élevage, de nutrition et de transformation des poissons.
« Nous avons déjà vendu 20 kg de poisson fumé à 4 000 F CFA le kilo et 20 kg de poisson frais à 1 500 F CFA le kilo. Cela peut sembler peu, mais pour nous, c’est énorme. C’est notre autonomie qui grandit jour après jour », confie Jeanne, le visage illuminé par la fierté et l’espoir.
À quelques mètres de là, Azeta Sawadogo s’affaire autour du foyer de fumage. La fumée qui s’élève lentement semble emporter avec elle les difficultés d’hier. Chaque kilogramme de poisson vendu représente une victoire contre la pauvreté, une solution concrète pour nourrir les enfants, payer les fournitures scolaires et participer activement à la vie économique du village.
Mais la pisciculture n’est qu’un maillon d’un ensemble d’actions intégrées déployées en 2025 par l’AFDR avec l’appui de son partenaire le PAM. Dans 33 villages de la commune de Oula, plus de 2 000 hectares de terres ont été restaurées grâce à la mise en place de demi-lunes, de cordons pierreux et à la réalisation de 900 tas de compost. Ce qui a fortement renforcé la fertilité des sols et la sécurité alimentaire.
Dans la commune de Ouahigouya, 100 personnes ont bénéficié de 300 moutons reproducteurs, accompagnés d’enclos et de matériels, favorisant le développement de l’élevage familial. Plus d’une centaine de jardins “porte-bonheur” à usage ménager ont été mis en place pour assurer la diversité alimentaire, complétés par un jardin nutritif au sein de la forêt communale de Gourga.
L’accès à l’eau, pilier du développement rural, a également été renforcé avec la réalisation de 16 puits à grand diamètre au profit des périmètres maraîchers de Reka, Tougzagué, Kourbo Mogo et Somiaga. Ces infrastructures soutiennent aussi bien le maraîchage que la pisciculture, créant ainsi des synergies durables.
Parallèlement, les femmes s’organisent autour de la transformation des Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). À Tamsin et Gondologo, deux grappes regroupant trois secteurs chacune produisent désormais du savon à base de neem et d’autres ressources locales, grâce à des formations et des dotations en matériel. La production de charbon écologique, menée au profit de 120 ménages à Somiaga, Tougzagué, Gourga, secteur 8, Tamsin et Bouri, ainsi que la réalisation de plus de 3 000 foyers améliorés, contribuent à la protection de l’environnement et à la réduction de la pression sur les ressources forestières, en lien avec la Régénération Naturelle Assistée.
Au-delà des chiffres, ces initiatives tissent des liens humains forts. Les bassins de pisciculture, les jardins et les unités de transformation deviennent des espaces de partage, d’apprentissage et de solidarité. Les femmes ne sont plus isolées. Elles forment désormais une force collective, consciente de son potentiel.
Pour Amidou Ouattara, Directeur exécutif de l’AFDR, l’impact du projet dépasse largement les villages bénéficiaires. « Ce projet s’inscrit pleinement dans la politique du gouvernement burkinabè. Il contribue directement à l’offensive agropastorale et halieutique en renforçant la résilience des communautés, en améliorant la nutrition et en créant des opportunités économiques durables pour les populations rurales », souligne-t-il. « Aujourd’hui, nous élevons des poissons, nourrissons nos familles et construisons notre avenir, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos enfants », conclut Azeta Sawadogo, les yeux brillants de conviction.
Dans chaque bassin, dans chaque jardin et dans chaque initiative communautaire, se reflètent la résilience et la détermination des femmes et des hommes de la province du Yatenga. Grâce au Projet de Développement de la Résilience et de Réduction de la Malnutrition au Sahel, financé par le PAM et mis en œuvre par l’AFDR, la pisciculture et les activités connexes ne sont plus de simples moyens de subsistance. Elles sont devenues une rivière d’espoir qui irrigue toute la communauté.






